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lundi, 28 novembre 2005
Promenons-nous chez Guerrisol
La mode est un apprentissage pour tout le monde. Seulement, comme à l'école, il y en a qui apprennent plus vite que d'autres.
Moi, à l'école, j'étais toujours dans les moyens-bons. Ceux qui percutent plus vite que la moyenne, mais pas au quart de tour. Ceux qui ont systématiquement les encouragements, jamais les félicitations. La mention Bien au bac, pas Très Bien. Sur mes carnets, les profs laissaient des trucs du genre "bien mais peut mieux faire". J'ai fait ce que j'ai pu, ça n'était pas mieux.
Aujourd'hui c'est pareil avec la mode. Par rapport à la moyenne des gens, je ne m'en sors pas trop mal, j'ai appris à trouver un style qui me ressemble, je suis plutôt au courant des tendances même si je ne les suis jamais vraiment, par flemme et par manque de moyens. Mais je ne suis pas une première de la classe. Je ne suis pas une instinctive qui a la mode dans la peau, qui se construit un style pointu avec trois bouts de ficelle sans l'aide de personne, qui a le don de flairer LE truc qui va faire la différence et que tout le monde va bientôt s'arracher. Je ne suis pas une fille qui a du chien. Snif. Tant pis, à la place j'apprends à copier. Je copie plus vite que "le gras du marché" comme dirait Vincent Grégoire, donc parfois ça fait illusion, mais au fond je sais très bien à quoi m'en tenir : si je n'ai pas mon Elle chaque lundi, si je ne lis pas chaque jour mon site internet fétiche révélateur de tendances (inutile de me soudoyer, je ne vous révélerai pas le code d'accès même sous la torture), si je ne scrute pas les défilés quatre fois par an et si je n'arpente pas Paris tous les week ends à la recherche de nouvelles serial-shoppeuses à épier... si je n'ai pas tout ça donc, eh bien je me sens un peu perdue.
Vous ne voyez pas le rapport entre Guerrisol et ce que je vous raconte ? C'est normal, j'y viens.
J'ai plusieurs premières de la classe parmi mes amies, mais à mon école de mode, forcément, il y en a aussi quelques unes. Des filles dont je ne voudrais même pas voir la garde-robe tant je ne pourrais plus supporter la mienne après. Des filles qui, jour après jour, définissent sous mes yeux ébahis un style propre à mon école. Pour vous donner une idée, le mois dernier, la cafet' était devenue le QG parisien des collants-noirs-sans-pieds-portés-avec-jupe-et-escarpins (Elle-Academy n'a plus qu'à aller se rhabiller, comprenne qui pourra). Or ce mois-ci, j'assiste à une drôle d'invasion d'escarpins Eighties, mêlant généralement plusieurs cuirs qui se croisent sur le dessus, pour parfois découvrir le bout des orteils. Comme d'hab', je leur demande où elles ont trouvé ces merveilles (je passe mon temps à demander aux gens où ils ont trouvé ce qu'ils portent. J'adore ça. D'habitude ça n'est pas en vue d'acheter, c'est plus pour savoir, pour comprendre). Elles me répondent en coeur "chez Guerrisol".
Guerrisol, le truc pourri en face de mon ancien chez-moi, avenue de Clichy ? Ma dernière visite là-bas remonte à plusieurs années. Mon copain - anglais donc plus habitué au vêtements d'occase que moi - m'y avait trainée. J'avais dû y rester cinq minutes montre en main, j'étais ressortie en braillant "plus jamais!" tellement je trouvais ça cheap et crade. A l'époque je n'avais même pas eu le temps de noter qu'ils faisaient des pompes.
Mais puisque les jolies chaussures de mes petites camarades venaient de là, tout à coup ça a commencé à me démanger, il a fallu que je fasse ma copieuse et que j'aille voir si des fois ils n'auraient pas quelques 41 en stock. Samedi dernier, prise d'une envie soudaine, j'ai donc filé au Guerrisol de Barbès (le plus près de là où je vis maintenant). Pour voir.
En fait de voir, j'ai senti. Le rayon chaussures du magasin est immense, avec une odeur de pieds proportionnelle. Une infection. Peut-être que c'était à cause de la neige fondue dehors, de l'humidité, je sais pas. Autant vous dire que ça ne m'a pas immédiatement réconciliée avec Guerrisol. Mais bon, je suis du genre obstinée en matière de mode, donc je ne me suis pas tout de suite barrée en courant. A la place, j'ai même bien tout inspecté, au milieu de mégères peu aimables qui m'enfonçaient exprès leur parapluie dans les jambes. Mais en dehors de quelques escarpins qui avaient dû être blancs dans une autre vie, pas de 41.
Qu'à cela ne tienne, sur ma lancée je me suis rendue Avenue de Clichy. C'est drôle parce que quand vous sortez du magasin de Barbès, pour un peu celui de Clichy vous apparaitrait deluxe en comparaison : les premières paires de chaussures sont bien alignées et l'odeur ambiante est moins...agressive. Mêmes les mégères font légèrement plus soignées. J'ai donc recommencé mes fouilles. J'ai essayé plusieurs paires, toutes ridées mais avec mes grosses chaussettes la saleté dans les creux me faisait moins peur. Grâce aux grosses chaussettes, certaines paires m'allaient, mais en fait c'est juste qu'elles étaient toutes avachies, avec des bas je les aurais perdues.
Bref. Tout ça s'est terminé par une brutale vision. Ca devait bien faire dix minutes que je cherchais. J'étais pressée, ma séance de cinéma m'attendait (In her Shoes, ahahah), et tout à coup je me suis vue, engoncée dans mon gros manteau, à quatre pattes par terre en train de fourrager tout au fond d'une étagère à 15 cm du sol dans l'espoir de découvrir la paire de chaussures un peu moins éraflée, un peu mieux conservée, avec des talons un peu moins défoncés... Et j'ai compris que je ne la trouverai pas, que Guerrisol n'était pas (encore) pour moi, que j'avais encore à apprendre un peu, et que là, je virais juste dangereusement fashion-victim. Je voulais faire comme les autres mais en fait je n'y arrivais pas du tout, tout ce cirque n'était pas pour moi.
Le lendemain dimanche, je me suis bien rattrapée : j'ai raflé deux robes imprimées chez Free'p'star que je vais détourner à ma manière (à l'heure qu'il est, ma petite maman chérie doit déjà être entrain d'en transformer une des deux en jolie blouse froncée sur les hanches grâce à mes instructions). Les chaussures vintage, je ne maitrise pas encore, mais les vêtements, je sens que ça vient.
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Commentaires
j'ai fait un tour chez free'p star moi aussi, j'ai reposé les bottes à franges et embarqué une robe vieux rose, à raccourcir de trente centimètres minimum d'ici l'été prochain, que dit ton site favori sur la bonne longueur pour l'été ? sur les shoes vintage j'ai souvent craqué sur des bottes...
Écrit par : contessa | mardi, 29 novembre 2005
J'adore la mode, mais je ne cederai jamais au vintage (donc a Guerrisol) ni aux "truc moches du moments" genre bermuda.
Pour moi il y a effectivement une limite entre fashion et victime et elle se situe la. Mais ca n'engage que moi.
Écrit par : Miss P | mardi, 29 novembre 2005
Contessa : free'p'star est entrain de devenir une habitude, faut que je me calme. Pour la longueur de ta robe, je ne sais pas trop ce que dis mon site sur le sujet (je suis plutôt branchée accessoires en fait) mais perso pour l'été prochain j'ai plutôt envie de robes fluides très longues. Et pour ta robe, je ne l'ai pas vue mais au genou reste ma longueur préférée. Ce qui ne t'aide pas bcp, je le reconnais.
Miss P : eh, tu mélanges tout là. Les bermudas n'ont rien à voir avec le vintage en dehors du fait que tu n'aimes ni l'un ni l'autre. J'ai longtemps rejeté le vintage, mais aujourd'hui je dois bien reconnaitre une chose : les pièces que j'achète d'occasion sont celles qui m'attirent le plus de commentaires élogieux. Le tout est de savoir bien les choisir. Théoriquement on ne doit même pas remarquer que c'est d'occasion.
Écrit par : Géraldine | mardi, 29 novembre 2005
j'aime bien la longueur au genou aussi, à moins que ce ne soit mes genoux que je n'aime pas ;) je crois que je vais m'en tenir là effectivement... de toutes façons vu mes talents en couture, je pense que je vais partir d'un mi-mollet et remonter progressivement au fil des échecs ;)
d'accord avec toi pour le vintage... le top c'est quand on scrute la matière, la coupe et que l'on te dit "ça vient d'où ça ?" , et puis bien sûr le plaisir de la pièce unique ;) au fait jonc ou pas jonc ?
Écrit par : Contessa | mardi, 29 novembre 2005
Oui oui, certes ce n'est pas pareil (comble de l'horreur: un bermuda vintage) mais avoue que y a une mode "vintage", en fait le mot en lui-meme prete a confusion. Disons que je dis oui pour une piece unique (un carre plus edite, une robe courreges, un trench burberry, un tres beau jean) "vintage" mais non au "n'importe quoi" qui traine dans ces magasins sous pretexte que la piece a deja ete portee, tu vois ce que je veux dire ?
Écrit par : Miss P | mardi, 29 novembre 2005
Contessa : pas jonc, tant pis.
Miss P : d'accord avec toi, le mot prête à confusion, mais j'avoue qu'il est bien pratique pour finalement englober n'importe quel joli vêtement d'occase. Et oui, je vois ce que tu veux dire, sauf que je n'ai pas les moyens de m'offrir de très belles pièces uniques. Ma stratégie consiste donc à repérer les bonnes adresses, celles qui ne vendent pas "n'importe quoi" comme tu le dis très justement. Parce qu'à Paris, on a la chance de bénéficier de la sélection de pas mal de passionnés qui ne demandent qu'à nous guider dans les méandres du vintage.
Écrit par : Géraldine | mercredi, 30 novembre 2005
j'ai beaucoup appréciée ce post et les commentaires aussi
Écrit par : nadia | mercredi, 30 novembre 2005
Pas facile le shopping chez Guérrisol mais j'aime beaucoup y aller aussi.
Écrit par : Sophie Kune | mercredi, 30 novembre 2005
tu dois le savoir : ce soir sur Arte : Breakfast at Tiffany's
Écrit par : Cha | jeudi, 01 décembre 2005
41 ! tu dois être immense alors...
Écrit par : jemedebat | jeudi, 01 décembre 2005
Bonsoir,
Je viens de parcourir le numéro 12 du magazine Flavor, offert par Sephora, et je tombe à la page 35 sur une paire de bottes, qui me plait vraiment... Je regarde la légende, et je vois bottes en cuir --> 25 € ????????!!!!!!!!! Je me fais la réflexion suivante, mais comment une paire de bottes de VRAI cuir peut elle bien être à 25 € en étant jolie ? Je poursuis, et vois Guérrisol ! Vous m'excuserez j'habite à 50 km de Paris, je ne connaissais pas... Je fonce sur Google, tape ce nom, et tombe sur vos commentaires et différents articles. Une question me vient à l'esprit : comment une paire de bottes d'occaz (si j'ai bien compris le principe de ce magasin) peut elle être photographiée dans un magazine féminin ? En sous-entendant par ailleurs, qu'il s'agit de la marque Guerrisol (et non pas de l'endroit où le trouver), et qu'il sont donc sensés en avoir en stock ???
Je ne comprends pas bien ! Quoiqu'il en soit j'ai découvert ce site, il est très "Carrie Bradshaw" (en espérant ne vexer personne), et vos commentaires, positifs ou non, donnent quand meme envie d'aller jeter un coup d'oeil finalement. Merci.
Écrit par : Caro | jeudi, 01 décembre 2005
Nadia : merci.
Sophie : ça ne m'étonne pas de toi ! Et je suis sûre que tu trouves des trucs toi au moins.
Cha : merci pour l'info, mais en ce moment c'est un peu comme si j'avais pas la télé tant je suis débordée. Tant pis pour Molly, ce sera pour une prochaine fois.
Jemedebat : je suis immense, une vraie déesse, et plus encore.
Caro : Carrie B. ? Tu ne risques pas de me vexer, je serais au contraire plutôt flattée.
Quelques explications à propos de Guerrisol (j'étais tellement dans mon délire que j'ai omis certaines précisions) : c'est une enseigne de fripes. Elle ne vend donc que des vêtements en exemplaires uniques qui ont déjà été portés. Si tu as vu son nom dans un magazine, c'est donc uniquement pour inciter à aller retrouver un produit similaire à la boutique, mais certainement pas le même, qui n'a jamais dû être rapporté au magasin après le shooting.
Écrit par : géraldine | samedi, 03 décembre 2005
LOL
Viens par hazard de tomber sur ton blog et ca me fait bien rire, en fait chercher des infos pour un expose sur les "six d'anvers".... je suppose que ca te parle ...
en fait je fais aussi une ecole de mode mais a lyon a lors forcement les cahiers textiles et autres destructuration de pantalon je connais aussi et quant a bruler de la soie ca m est deja arrive aussi!!!.....
cette semaine c est decide je me lance dans un trip vintage et sur lyon ya de quoi faire d ailleurs ya un marche du vintage une fois par an qui vaut le deplacement ferai suivre les dates des que je les aurai...
au plaisir
C!
Écrit par : c! | lundi, 05 décembre 2005
Bonjour c!
aurais-je trouvé mon alter ego lyonnais ? J'ai déjà entendu parlé de cette foire vintage à Lyon, j'y viendrai avec plaisir la prochaine fois. C'est en mai je crois.
Peux-tu m'envoyer un mail pour me raconter l'école que tu fais stp ? Merci !
Écrit par : Géraldine | lundi, 05 décembre 2005
Guerrisol, c'était bien avant. LA boutique pr les fashion était la petite de Clichy. Mais depuis au moins 4 ans, ce n'est plus de tout le même tri, on n'y trouve plus les super occaz d'antan. Vraiment dommage, j'y ai déniché tellement de perles rares dont une chemise Céline et un t-shirt que j'adore (et que beaucoup n'aiment pas : je suis incomprise !) M&F Girbaud. bref, c'était génial avant; aujourd'hui, faut se lever tôt pour trouver quelque chose de sympa.
mais géraldine, je ne sais pas comment tu fais pour porter des pompes vintage. Autant les fringues, je suis une adepte depuis longtemps, autant des chaussures déjà portées, ça me débecte ! De tte façon, j'ai les pieds trop grand, ils n'ont que des chaussures pour nains !
Écrit par : Jen | jeudi, 08 décembre 2005
C'est marrant, ce post me fait penser un peu à moi quand j'étais plus jeune. Les peut mieux faire et l'attirance pour la mode sans etre pour autant une fille "à la pointe"... Je suis toujours comme ça d'ailleurs... Merci pour cette agréable lecture.
Écrit par : titi | samedi, 10 décembre 2005
pourrait tu me donner l'adresse exacte de guerrisol ainsi que le metro a prendre afin de s'y rendre en partant de gare de nord merci beaucoup.
Écrit par : Naw | mardi, 03 juin 2008
Écrit par : freepstar | mercredi, 12 novembre 2008
bonjour
Je vois dans le magazine Avantages une minijupe en plastique env. 15 euros Comment peut-on l'acheter? J'habite Lyon
Merci
Écrit par : marek jo | lundi, 15 décembre 2008
Bonjour !
J'ai une question pour toutes celles qui veulent m'aider.
J'ai "hérité" d'un splendide manteau de fourrure, droit, au genou, avec un grand col type trench et une martingale dans le dos. Il est de fabrication Autrichienne (ou Suisse) tout doublé et n'a été porté qu'à de rares occasions. Il doit avoir été fabriqué vers 1975 - vintage.
Mon problème : il est en poil de phoque. Alors il est magnifique et donne une allure folle (taille 42, pour une fille assez grande, plutôt 1m75) ... mais je n'arrive pas à le mettre ...
Si quelqu'un adore la fourrure, qu'il me fasse une offre, j'enverrai les photos.
Merci.
Écrit par : lo | vendredi, 20 mars 2009
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Écrit par : SDV | lundi, 27 avril 2009




