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dimanche, 26 novembre 2006
Les films bien sapés : Les Désaxés (The Misfits)
Regarder un film mythique pour la première fois est toujours une drôle d'expérience pour moi : en deux heures, je réalise que plein de choses que j'avais vues ailleurs et qui me semblaient alors très originales viennent en fait de ce que je suis en train de voir. Sur le moment, je suis un peu vexée, je me dis que je me contentais donc de peu, et puis j'intègre la référence et le lendemain je snobe quiconque n'a pas vu le film !
Avec Les Désaxés (pour une fois, j'adore le titre français), je suis servie : les séries mode reprenant l'allure divine de Marilyn dans ce film balayé par le vent sont innombrables. Et pour cause : je ne suis pas fan de l'actrice mais force est de reconnaitre qu'elle est dans ce film d'une grâce hypnotique. Le film date de 1961 mais sa garde-robe est très moderne à l'américaine, simplement constituée de jean Levi's (le film a dû générer une pub phénoménale pour la marque à l'époque) et de robes ajustées. Et cette coiffure ! Il ne se passe pas une semaine sans que je la retrouve quelque part dans la presse, et pourtant c'est à la vue du film que je comprends qu'elle est inimitable. Ce mouvement permanenté, ces boucles floues, ces cheveux si loin du lisse actuel, c'est vraiment quelque chose qui inspire encore aujourd'hui et que pourtant on ne retrouve jamais tel quel.
L'histoire a beaucoup vieilli, on a du mal à se mettre à la place de ces cowboys en mal d'identité et de cette fille mièvre et paumée, mais la magie opère malgré tout. Le désert blanc du Nevada y est sûrement pour quelque chose ("it's so quiet I can hear my clothes against my skin"), tout comme l'écriture d'Arthur Miller (à l'époque mari de Marilyn). Et puis le destin tragique du trio d'acteurs donne le frisson : Clark Gable meurt d'une crise cardiaque deux jours après la fin du tournage (Rhett !!!), Marylin Monroe disparait un an après la sortie du film (elle était tellement détruite par l'alcool et les medocs sur le tournage qu'elle avait le plus grand mal à retenir son texte). Montgomery Cliff est également emporté par une crise cardiaque quatre ans plus tard. Brrr.
Plusieurs photographes de l'agence Magnum avaient pu se rendre sur le tournage. Leurs clichés sont somptueux, visibles ici. Mes préférés sont cette photo d'Henri Cartier Bresson :
et ces deux photos d'Eve Arnold ("The camera adored her, and she was the only person I ever met who photographed 10 pounds lighter"):
23:40 Publié dans Les films bien sapés | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
Commentaires
Sans compter que jusqu'à sa mort Maryline a terriblement cupabilisé de la crise cardiaque de Gabble. C'est elle qui a fait prendre beaucoup de retard au film et Gabble était déjà très fatigué...
Ecrit par : Mlle E | lundi, 27 novembre 2006
question: As tu vu le film chez toi ou en salle ? Je garde pourtant le souvenir d'un moment cinématographique assez puissant...
Ecrit par : schuey | lundi, 27 novembre 2006
Yess! ça c'est du film! Gable, Monroe, Clift et Wallach y sont extraordinaires! je me dis aussi que notre connaissance des vies tourmantées des acteurs et des actrices augmente significativement notre amour pour ces films!
Ecrit par : Em'z | lundi, 27 novembre 2006
"Les misfits", "La piscine", "My funny face", ce sont des films tellement... photogéniques, et je suis d'accord avec toi les misfits ont pas mal vieilli...
Ecrit par : contessa | lundi, 27 novembre 2006
@Schuey : je l'ai vu en DVD, les conditions n'étaient donc pas optimales, mais je maintiens que le propos est pour moi très "après guerre" avec la remise en cause de la place de l'homme dans la vie moderne et la femme cantonnée à un rôle maternello-protecteur.
Ecrit par : Géraldine | lundi, 27 novembre 2006
mais ça reste quand même un beau film et une des plus belle femme du monde...
Ecrit par : missparker | samedi, 02 décembre 2006







