« Défilé Jean-Paul Gaultier Haute Couture (rue Saint Martin, mercredi 24, 14h30) | Page d'accueil | Fucking Good »

jeudi, 25 janvier 2007

Tokyo 1

Je vais donc m'efforcer de vous raconter ma semaine de vacances au Japon.

 

Deux points en préambule.

 

Tout d'abord, il y a Mademoiselle. Petit rappel des faits pour les derniers arrivés. J'ai commencé ce blog en juillet 2005, ce qui fait de moi une assez vieille blogueuse, soit dit en passant. A ma deuxième note (au hasard, sur la mode des japonaises), je reçois un commentaire d'une certaine Miss Pink. Ce sera le début d'une relation épistolaire fournie, faite d'innombrables com', de mails longs comme le bras postés à un rythme soutenu et de réguliers chats sur gtalk. Quand finalement je décide de partir à Tokyo, je sais que mon choix est en partie guidé par l'envie de découvrir son Tokyo à elle, loin des touristes et des idées reçues de l'Occident. En même temps j'ai un peu peur : nous ne nous sommes vues que deux fois IRL (in the real life) auparavant, là je débarque, j'ai envie de passer du temps avec elle pour mieux la connaitre mais je ne connais pas ses plans, et puis surtout, demeure le risque d'être déçue, de ne pas retrouver la complicité de nos échanges virtuels.

 

Une semaine plus tard, toutes mes craintes se sont envolées. Pink et son petit ami m'ont accueillie divinement, ne comptant pas leur temps, déployant un max d'énergie pour me montrer tout ce qui serait susceptible de m'intéresser, s'adaptant à toutes mes exigences, tant alimentaires que modesques. Des guides précieux, doublés de tisseurs de souvenirs inoubliables (Pink la Dior addict allergique au vintage perdue dans Koenji, le quartier des puces, il faut le voir pour le croire). Bref, un très grand merci à eux, sans qui mon voyage n'aurait pas eu le même éclat.

 

Par ailleurs, je tiens à préciser que les notes qui vont suivre s'adressent plus aux personnes qui ne sont jamais allées au Japon qu'à celles qui le connaissent déjà. Il y a en effet fort à parier que ces dernières trouveront mes remarques très clichés, très fausses, ou très ennuyeuses. Tant pis ! Je vais en revanche essayer d'émailler mes notes d'infos pratiques utiles aux prochaines visiteuses (n'est ce pas Deedee ?).

 

***

 

Lundi 15, départ à 12h25, c'est parti pour plus de 12 heures de vol. Quand je ne dors pas, je me délecte d'Allo la terre ? Ici, Tokyo, un petit livre charmant écrit sous la forme d'emails très visuels par une française qui a vécu plusieurs années là-bas.

 

Arrivée mardi à 12h, fraiche comme un gardon. Je loue un téléphone à l'aéroport pour un prix modique et prends le Skyliner pour rejoindre le centre. Mademoiselle m'avouera plus tard que c'était pas ça qu'il fallait prendre, que le Skyliner c'est pour les pauvres, faut prendre le Narita Express. Ah bon. Moi je pensais que pour les riches c'était la Limousine, mais je n'avais encore rien compris (il y a un nombre incroyable de choses que je ne vais pas comprendre dans les prochains jours, je le sens), Limousine n'est pas une vraie limousine, c'est juste le nom d'une compagnie de trains. Ok.

 

En attendant, même le Skyliner est d'une propreté rutilante. Car voilà la première impression que me fait le Japon : tout y est propre. Mais pas propre à la française hein. Une propreté d'une nature différente, inconcevable à Paris, où les quais de RER sentent l'urine et où le ménage dans le métro se réduit à un coup de balai une fois par jour. Au Japon, la propreté des lieux publics me semble du niveau de la propreté de l'intérieur des maisons françaises. Du coup, je n'ose même pas imaginer comment c'est chez eux ! Je commence à avoir légèrement honte de mon pays. Cette sensation ne va guère me quitter les jours suivants. 

 

Je suis immédiatement séduite par mon hotel. La chambre est petite mais très confortable, l'accueil est chaleureux (même si l'anglais, comme partout au Japon, reste très approximatif), la déco contemporaine et surtout l'emplacement idéal : je suis derrière la gare de Shibuya, en plein centre. Le tout pour environ 10 000 yens la nuit (65 euros), je m'en tire bien grâce au premier bon plan de Mademoiselle.

 

Je pars me balader. Je découvre le cinégénique Shibuya :

medium_P1030013.JPGmedium_P1020757.JPGmedium_P1020759.JPGCa grouille de monde, je comprends vite que je suis dans l'équivalent du West End londonien. Une chose surtout me frappe : la cacophonie ambiante. Pour attirer l'attention, c'est à l'écran géant qui braillera le plus fort.

 

Vertige.

 

Fuir vers Omotesando, où Mademoiselle m'a donné rendez-vous quelques heures plus tard.

 

Pour cela, une seule solution : demander mon chemin aux passants. Je ne connais pas encore le mot magique (Sumimasen, excusez-moi, prononcé soumimassène), mais la patience et le dévouement des japonais m'impressionnent : on me dessine des mini-plans, on me donne de longues indications en japonais auxquelles je ne comprends pas un traitre mot mais c'est pas grave, je suis leurs gestes et leur rend leurs sourires en penchant le buste. J'adore ce geste. Je l'adorais déjà à Paris, sincèrement. On sent un tel respect de l'autre dans ce mouvement simple si peu français, une extrême politesse dépourvue d'affectation. Je l'adopte immédiatement (j'aurai même du mal à m'en débarasser de retour à Paris, c'est dire).

 

Je finis par tomber sur Laforêt, le grand magasin dont on m'a tant parlé :

medium_P1030025.JPG

J'entre et là je me prends mon premier choc fashion dans la figure. Le moindre t-shirt est à plus de 10 000 yens (65 euros donc, vous vous rappelez, le prix de ma chambre), cela même s'il ne s'agit pas d'une marque importée. Pourtant rien ne me semble de très bonne qualité. Les stands ont des noms français ridicules (Pas de Calais, A mon avis, Bulle de savon) et les vendeuses me hurlent dessus (irashaimasééééééééééééé, bienvenue), mais on m'avait prévenue. Non, ce qui me gêne le plus, c'est de découvrir que le rapport qualité-prix est bien moindre qu'en Europe, et que le style des vêtements est le même sur tous les stands : du jersey informe partout, partout, partout. J'essaie tout de même de ne pas tirer de conclusions hâtives.

 

Sur Omotesando, large avenue très agréable pavée de magasins de luxe, un pélerinage s'impose :

medium_P1030055.JPG

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Toutefois, en dehors des mastodontes, j'ai du mal à croire que tous les magasins sont rentables. On sent en effet chez certains percer l'orgueil de posséder un immense point de vente à côté des plus grands. Quid par exemple de Marina Rinaldi : j'ai beau chercher, j'ai bien du mal à voir des japonaises taille 44 autour de moi. La cellulite ici, connais pas.

 

Mademoiselle et Monsieur m'emmènent dans un délicieux restau à l'atmosphère très zen. Je suis épuisée, fin de ma première journée.

Commentaires

c'est incroyable! j'ai vécu tout ce que tu as raconté lorsque j'y suis allée :)

l'anecdote de marque de vetement "français" m'a bcp fait rire. là-bas j'ai acheté une écharpe de la marque "jouer à la pupe" ...a une lettre près c'est un peu limite

Ecrit par : lucie | jeudi, 25 janvier 2007

super merci de nous raconter tout en details ! Le Japon est sur ma liste pour tres bientot (peut-etre cette annee) donc je note precieusement toutes tes infos !

Ecrit par : Vendredi13 | jeudi, 25 janvier 2007

c'est marrant, c'est aussi ce fameux mouvement du buste qui m'a le plus marqué lors de mon premier voyage en Chine. Le mouvement n'est pas exactement le meme en Chine, mais est vraiment tres proche.
Je trouve que ce geste dévoile beaucoup du comportement asiatique.

Ecrit par : cachou | jeudi, 25 janvier 2007

Hihi tant de compliements, je rougis je rougis....(Pink de la meme couleur que son blog).

Ecrit par : Mademoiselle | jeudi, 25 janvier 2007

Très plaisantes vos impressions de voyage,
comme votre blog d'ailleurs que je lis "dans l'ombre" mais régulièrement depuis quelques mois.
Aligato + courbette

Ecrit par : Agnes | vendredi, 26 janvier 2007

Ah super d'avoir qqs impressions du Japon. Je vais y passer le week-end la semaine prochaine et justement je regardais ds un guide comment se rendre ds le centre ;-) !

Ecrit par : mad'moiselle c. | vendredi, 26 janvier 2007

j'ai beaucoup aimé te lire, j'attend la suite avec impatience!
A bientôt

Ecrit par : sooishi | vendredi, 26 janvier 2007

J'essaierai de voir Infernal Affairs alors, mais j'ai bien du mal à croire que je trouverai l'original mieux que le Scorsese...

Ecrit par : Géraldine | vendredi, 26 janvier 2007

Bon. mon commentaire n'aura rien a voir avec ta note, mais il faut absoluement que je te demande deux choses:
- tout d'abord un proposition pour un petit article que tu pourais nous pondre, parce qu'il n'y a rien tant que j'aime que ton style pointu, amusant et serieux a la fois, a part.... la mode. et je me demandais si tu pouvais nous faire un ou deux petits articles genre sur la mode d'une certaine periode d'année( 60's , 70's , 80's ). je sais le sujet est vaste mais tu saurais parfaitement etre concise.

- puis, j'adore le concept "des films bien sapés", j'ai tres envie de mettre une rubrique dans le meme genre sur mon blog, m'autorises-tu le copyright?

Ecrit par : bouli | vendredi, 26 janvier 2007

Trop marrant votre blog.
Bravo
a++

Nadege Fougeras, auteur d'Allo la terre? Ici Tokyo. (ça m'a amusée de voir que vous lisiez mon livre en plein décalage horaire!)

Ecrit par : nadege fougeras | lundi, 02 avril 2007

Trop marrant votre blog.
Bravo
a++

Nadege Fougeras, auteur d'Allo la terre? Ici Tokyo. (ça m'a amusée de voir que vous lisiez mon livre en plein décalage horaire!)

Ecrit par : nadege fougeras | lundi, 02 avril 2007

Ecrire un commentaire