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dimanche, 04 février 2007

Tokyo 5, suite et fin

Je vais être rapide parce que là ça commence à sentir le réchauffé. Sachez tout de même que le New York Bar du Park Hyatt est aussi beau en vrai qu'en film. L'atmosphère feutrée donne envie de ne jamais repartir, les cocktails y sont sucrés comme j'aime, la musique douce, la vue fascinante... l'un de mes meilleurs souvenirs de Tokyo (mais mon avis est biaisé tant j'ai aimé Lost in Translation).

Dimanche, mon dernier jour à Tokyo, j'ai trainé Mademoiselle à Koenji, le quartier du vintage.

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La fripe à la japonaise comporte quelques spécificités : le merchandising y demeure impeccable avec toutes les pièces délicatement rangées par couleur ; quand vous entrez, la boutique sent... rien, pas la moindre odeur d'antimite pourri (marque de fabrique de tout magasin de puces occidentales qui se respecte) ; le neuf se marie allègrement au seconde main sans que personne n'y trouve rien à redire. L'offre était pas mal, j'aurais même peut-être craqué pour une veste en fourrure si les manches ne m'étaient pas arrivées aux coudes.

Fin d'après'm, thé chez Mariage. En partant je prends à la volée ce qui restera la photo préférée de mon voyage, sous l'oeil désaprobateur du patron :

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S'ensuit un diner mémorable chez Mikura, un exquis restau kyotoïte (je tiens ma revanche !) qui parvient même à me faire aimer les légumes. Le tofu en revanche, non, je ne pourrai jamais, désolée. On nous sert des tas de petites bouchées dans une sorte de salon particulier ultra zen (comme d'hab avec Mademoiselle), même les autres français de la table on du mal à comprendre la serveuse, traduisez : c'est un diner japonais, un vrai de vrai, mon dernier au pays du Soleil Levant ! 

En repartant je n'oublie pas mon parapluie au "vestiaire à parapluies" :

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On ne vole en effet que deux choses au Japon : les parapluies, un peu considérés comme des biens communautaires - on les dépose à l'entrée des magasins, on les reprend en sortant sans plus trop savoir lequel est le sien - et les vélos - le soir les gens qui ont trop bu ont peu de scrupules. D'où le "local à clés" très fréquent à l'entrée des restaus. A part ça, on s'habitue très vite au fait que rien d'autre ne nous sera jamais volé. Un sac à main grand ouvert dans le métro n'a rien à craindre, un appareil photo oublié sur une table de café s'y trouvera encore trois heures plus tard... difficile à croire pour une française, mais on s'y fait, et c'est quand on rentre à Paris qu'on trouve le vol choquant. 

Après le diner et malgré l'heure tardive, Mademoiselle tient à me faire faire une balade nocturne à Odaïba par la ligne Yurikamome. La baie de Tokyo de nuit est indescriptible, vous n'en saurez donc pas plus.

Le lendemain, l'heure du départ a sonné. Sur le quai du Narita Express, le train qui doit me ramener à l'aéroport, j'ai une légère hésitation face au marquage au sol : vais-je réussir à trouver la voiture 5 ?

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Grâce à l'aide de quatre personnes, la réponse est oui.

J'attends sagement mon train en repensant à une discussion de la veille avec Mademoiselle (désolée, je vais plomber l'ambiance sur la fin mais faut absolument que je vous raconte ce truc). Pour la nième fois depuis le début de la semaine, je lui disais à quel point j'appréciais le fait que tout "marchait" à Tokyo, les transports en commun en particulier : jamais un retard, jamais un problème technique, la fluidité absolue. "Pas comme à Paris, où je me suis encore retrouvée coincée trois quarts d'heure dans le RER la semaine dernière à cause d'un accident voyageur" lui dis-je. Là Mademoiselle échange un sourire gêné avec son chéri et s'en va m'expliquer ce qui se passe au Japon quand pareil accident survient. En fait, les suicides dans le métro sont si nombreux là-bas que les autorités ont mis en place des règles que nous qualifierons de...strictes. La famille du suicidé doit en effet indemniser chaque passager immobilisé "par sa faute" au prorata du nombre de secondes qu'a duré le blocage. Quand on voit la cohue presque permanente dans le métro, on n'a aucune peine à croire que la somme atteint immanquablement des millions de yens. La famille doit également faire des excuses publiques. Moralité : si vous voulez vous venger de votre famille, choisissez une heure d'affluence et une grosse gare comme Harajuku ! [Toutes mes excuses pour ce cynisme aussi inhabituel que déplacé, je crois que c'est parce que cette anecdote très révélatrice de la société nippone m'a un peu choquée.

A l'aéroport je fais le plein de KitKat à la fraise et de grelots Hello Kitty pour téléphones portables. Je passe mes dernières heures sur le sol nippon à finir Un été japonais, de Romain Slocombe. Comme l'auteur, je n'ai plus qu'une envie : reprendre un billet pour Tokyo aussi vite que mon compte en banque me le permettra. Cette fois, ce sera en été, et en amoureux.

Commentaires

Merci pour cette belle aventure nippone. Je profite de l'occasion pour te laisser ce premier petit mot alors que je suis ton blog régulièrement. J'avoue ne pas être très attirée par l'Asie (exception faite pour le total look indescriptible de certaines japonnaises !)mais là tes posts m'ont donné envie. Vraiment sympa et tellement dépaysant !

Ecrit par : sandrine | lundi, 05 février 2007

Tokyo en été et en amoureux c'est....

Ecrit par : sooishi | lundi, 05 février 2007

Merci pour le dépaysement au Pays du Soleil Levant. J'ai noté dans un petit carnet toutes ces précieuses adresses en attendant l'occasion d'y voyager et de voir une "dame" en Kimono, un vestiaire à parapluie et un magasin "super old".

Ecrit par : Lalalisasa | lundi, 05 février 2007

et un telephone portable oublié dans un taxi vous sera restitué par le chauffeur de taxi qui aura fait des pieds et des mains toute la nuit pour vous retrouver...véridique. Pour ça c'est cool.

Ecrit par : jmd | lundi, 05 février 2007

Pareil que Sandrine: je lis ton blog très régulièrement, et même si le mien n'est pas axé sur le milieu de la mode, j'adore venir te lire.
Ma préférence irait plus vers la Chine, mais depuis Lost in Translation et tes notes de la semaine, je change d'avis doucement.
Et les Kit Kat à la fraise, huuum...j'ai envie d'essayer et d'abuser...!!

Ecrit par : Kaay | lundi, 05 février 2007

merci merci et remerci pour tes recits nippon... un bonheur... envie de m'y rendre... ils me facinent !!!!!

Ecrit par : rym | lundi, 05 février 2007

Ca m'a tellement donné envie que mon idée de partir, après avoir fait l'Australie, visiter le Japon est plus ancrée en moi que jamais. Je crois que tu as l'art de faire rêver. Les photos, les destinations, le regard de l'artiste peut-être. Et bien, je peux te dire, qu'ici, je l'apprécie.

Ecrit par : Ju la mome | lundi, 05 février 2007

quels beaux posts (toujours mais en ce moment encore plus...)

Ecrit par : bee | mardi, 06 février 2007

Hihi chouette chouette, pleins de petits frenchies vont venir au Japon grace a toi...

Ecrit par : Mademoiselle | mardi, 06 février 2007

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