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mercredi, 30 mai 2007
Expo Monumenta 2007, Anselm Kiefer au Grand Palais
Je n'entends rien à l'art contemporain, mais hier soir j'étais bien contente de pouvoir assister au vernissage de l'expo Monumenta au Grand Palais. Si vous êtes parisien, vous avez peut-être déjà aperçu les affiches dans le métro. Il s'agit d'un événement qui aura désormais lieu tous les ans : les clés de mon monument parisien préféré sont données à un artiste contemporain de renommée internationale. Pendant plus d'un mois, ses oeuvres originales investissent l'intégralité de la nef du Grand Palais. Madame la Tate Modern, tu n'as qu'à bien te tenir !
Cette année, l'heureux élu est Anselm Kiefer. Allez j'avoue, je ne le connaissais pas avant l'expo. Il a 52 ans, il est allemand mais vit en France depuis 12 ans, dans le Gard, dans une immeeeense propriété, ce qui n'est pas qu'un détail quand on découvre la taille - monumentale, donc - de ses oeuvres.
Marqué par la Shoah, Kiefer travaille les matières (béton, terre, charbon, peinture, tournesols...) pour rendre compte de sa perception du monde et de la civilisation. Pour ses toiles, il mélange, colle, gratte, peint, puis soumet son travail aux intempéries. Le résultat, présenté à l'intérieur ou à l'extérieur de plusieurs maisons construites pour l'occasion, est impressionant. Une maison surtout m'a émue : la cinquième, dédiée au Voyage au bout de la nuit de Céline.
Je n'ai jamais réussi à terminer ce livre sublime, je ne suis jamais allée au bout de cette nuit trop dure pour moi, mais j'en ai lu suffisamment pour comprendre les "tempêtes sous un crâne" de la maison n°5 :
Je ne me rendais toutefois pas à ce vernissage que pour voir les oeuvres. En bon people watcher, je venais également jauger le public. Il s'est avéré arty-gratiné. Alors qu'à la longue les gens de la mode me surprennent moins (oups, voilà que je fais déjà ma blasée...meuh non, je les adore), je n'ai aucun risque de m'habituer à la foule de l'art contemporain. Trop riche, trop pauvre, trop vieille, trop folle. Beaucoup y poussent l'expression de leur individualité si loin... que c'est bien trop loin pour moi (d'où ma difficulté à vous en rapporter des photos). Certains conformismes subsistent pourtant : je n'ai jamais vu autant de tailleurs Chanel au m² qu'hier soir !
Monumenta 2007 : Anselm Kiefer
Du 30 mai au 8 juillet 2007
Grand Palais
Avenue Winston Churchill, Paris 8ème
Métro Champs Elysées Clémenceau
Ouvert tous les jours sauf le mardi
Lundi et mercredi de 10h à 19h
Jeudi à dimanche de 12h à minuit
Tarif normal 4€, tarif réduit 2€
Possibilité de visiter l'expo accompagné d'un médiateur qui vous explique les oeuvres (j'ai testé, c'est un vrai plus... et c'est gratuit !).
Plus d'infos ici.
15:25 Publié dans Expos | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : anselm kiefer, monumenta
Commentaires
Vu à montreal l,année derniere. trés bon. Ensuite sur le programme je crois qu'il y a Boltanski...Bonne expo!
Ecrit par : miss chatterboxe, la patronne | mercredi, 30 mai 2007
j'ai vu les affiches dans Paris et je me demandai ce que c'était, je ne connais pas cet artiste. merci d'avoir éclairé ma lanterne, décidement tu nous post de bonnes expos en ce moment!
Ecrit par : annabelle | mercredi, 30 mai 2007
J'ai toujours tellement de mal avec l'art contemporain, je n'arrive jamais à me décider à y aller...
Ecrit par : Mlle E | mercredi, 30 mai 2007
J'ai eu la chance de visiter son 'antre', son lieu de travail; un vrai 'grand'. Une vraie gentillesse...
Pour apprécier l'art contemporain il suffit d'être particulièrement curieuse et la volonté de 'comprendre'; un "travail sur soi", sur ce qui est en 'face' de nous.
Ecrit par : Falbalas | mercredi, 30 mai 2007
ah chouette ça a commencé ! j'adore Kiefer, je vais donc braver mon horreur des foules et du grand palais pour y aller.
Ecrit par : lidell | mercredi, 30 mai 2007
yep je l'avais découvert à la galerie Yvon lambert l'année dernière, j'ai prévu d'y aller, cela confirme, peut être demain en fin d'après-midi à la sortie du boulot avant un petit concert...
Ecrit par : herwann | jeudi, 31 mai 2007
Que des individus fassent ce que bon leur semble, cela à toujours existé, et cela apporte parfois de la fantaisie dans une vie plutôt morose. Ce qui est pour certains le cas d’Anselme Kiefer.
En l’occurrence, par le biais de cette exposition, je voudrais dénoncer ici l'art d'Etat que nous subissons depuis plus de trente ans qui s’affirme sans complexe, et par ailleurs prévenir les graves conséquences qu’il peut impliquer.
On vous rétorquera : « La monarchie a connu, elle aussi un art d’Etat », à ceci près, que l’artiste existait avant d’être introduit à sa Cour par le souverain. De nos jours, la proposition est inversée. C’est l’Etat qui génère ses artistes ex nihilo. La preuve, l'auteur de l'article reconnaît ne pas avoir entendu parler de cet "artiste". Moi non plus, jusqu'à l'an dernier où il a été décidé de monter cette exposition.
Il existe donc en France un réseau qui établit ce qui est Art et définit au nom de tous les français celui qui a droit au label « artiste ».
Que ce réseau dissimulé impose à l’Etat de mener la danse en fabricant les outils de la destruction, là je m’y oppose. Ce n’est pas là ma conception de l’Art qui, selon ma sensibilité, a pour mission d’élever l’ensemble du peuple au bénéfice de tous. Et c’est ce rôle que tenaient les artistes jusqu'au XXe s.
Ma protestation mesure avant tout les risques de cet art d’Etat dont le premier effet est la corruption des esprits. En effet, l'Education Nationale Française dispensera un enseignement destiné à familiariser les enfants avec un certain art contemporain, dès le plus jeune âge.
Ça, on ne l’a jamais vu, pas même en Russie Soviétique!
Que distillera-t-on dans ces petites têtes qui ne sauront même pas ce qu’est l’Art et sa vocation modelée à travers les millénaires? Ces enfants auxquels on aura présenté l’art du passé comme une étape révolue d’un art en devenir, dont l’aboutissement est exposé au Gd-Palais, avec Kiefer –comme ont tenté de m’en convaincre de jeunes médiateurs culturels bien formatés, chargés d’orienter les visiteurs accablés, en leur récitant la bible de l’art officiel.
Cette exposition basée sur le chaos, la destruction et la laideur, je l’admettrais dans le cadre d’une lutte contre un pouvoir menant le peuple à sa destruction et j’y participerais si je n’en étais moi-même l’initiateur. Cela fait partie du rôle de l’artiste que de dénoncer.
je ne crois pas que cette art d'Etat ait été ourdi, manigancé de longue date, bien au contraire. Tout comme les artistes, l’imagination des hommes provient de choses lues, vues, vécues ou entendues. Mais c’est plutôt le constat du pouvoir de l’art sur les foules -que celles-ci ne savent pas maîtriser- qui est vraisemblablement la source du concept de son utilisation pour contraindre le peuple au profit de quelques-uns dans le meilleur des cas. Mais, dans le pire, pour les manipuler à la façon de la jeunesse hitlérienne des années trente.
Pour en terminer là aujourd’hui, je pressens par le fait de cette séquestration de l’Etat par un réseau financièrement intéressé, la volonté d’un absolutisme à la Louis XIV, mais avec, peut-être… une sombre arrière pensée.
Ecrit par : Gilou | samedi, 02 juin 2007
Tout à fait exceptionnelle cette exposition, je me suis laissé emporté comme tu pourrais le dire... un petit article en dispo et je conseille fortement à tous les découvreurs de s'arrêter devant ce grand artiste qu'est Anselm Kiefer
http://www.blogculturel.com/article-6745280.html
Bonne promenade parmi les étoiles...
Ecrit par : herwann | mardi, 05 juin 2007







