samedi, 30 juin 2007

Kris Van Assche, brut et délicat

Jusqu'à ce matin, Kris Van Assche n'était pour moi qu'un nom et une nomination chez Dior Homme. Ces trois mots évoquent désormais plus que ça : Kris Van Assche est un poète, quelqu'un qui joue avec le vêtement pour lui faire dire plein de choses enfouies. Inspirée par August Sander (un photographe que je vénère) et présentée dans un garage rétro, sa collection printemps-été 2008 s'appelle Souvenirs et remet au goût du jour les costumes des fermiers du début du XXème siècle.
 
Les vestes étriquées rappellent les paletots de travail, les gilets épousent le mouvement du corps, les blouses blanches se font amples et aériennes. De loin les silhouettes sont nettes et dépourvues de fioritures, mais il suffit que le mannequin s'approche pour que l'on découvre mille détails incongrus : des boutons là où on ne les attend pas, un noeud papillon qui tombe en biais, un mini haut de forme turquoise perché sur le crâne. C'est délicat, romantique, soigné. Beaucoup de gris, du blanc, du noir, un peu de moutarde. Tout tombe juste. Très inspirant, même pour une garde-robe féminine.
 
 
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vendredi, 29 juin 2007

Impressions du premier jour de cette fashion week masculine

Pour commencer, il faut que je vous avoue mon état d'esprit de départ : je me croyais complètement insensible aux défilés Homme. J'en avais déjà vu quelques uns à la sauvette (en standing de chez standing), ils ne m'avaient jamais touchée. Je n'aimais pas les mannequins-hommes-objets, je trouvais les fringues trop gay, je ne saisissais pas les références... le blocage total.

Heureusement, j'ai évolué. Je vis avec un mec qui cultive son côté dandy. Dans les magasins, je tombe toujours en pâmoison devant les fringues pour homme de Dries et de Paul Smith. Surtout, dernièrement, mon amie Charlotte s'est offert une veste Slimane et j'ai été mortifiée de ne même pas être fichue de reconnaitre la patte du créateur au premier coup d'oeil. Ca, je crois que ça a été un élément déclencheur : je ne pouvais plus me complaire dans mon ignorance plus longtemps !

J'étais donc curieuse, mais sceptique. Et puis j'ai vu le show Gaultier², et là j'ai compris. Compris qu'un défilé Homme pouvait être autre chose qu'un défilé reservé aux hommes, compris que j'aimais par dessus tout les hommes aux yeux ourlés de khôl (vive Jack Sparrow !), compris qu'un défilé Homme avec des femmes dedans, ça peut avoir une force incroyable. Les identités sexuelles s'enchevêtrent, les femmes y sont puissantes, les mecs gracieux, que demander de plus ?

Après une partie rock stars flamboyantes, le défilé a enchainé sur un thème nautico-pirate. J'ai alors particulièrement aimé la silhouette de ce mannequin aux longs cheveux roux, costard à double boutonnage bleu à rayures tennis impeccable et imperméable en soie flottante... un petit air d'Albator qui n'était pas pour me déplaire :

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Quelques filles très sixties y défilaient la crinière choucroutée, les yeux soulignés d'un trait noir, la silhouette sexy. Le contraste entre leurs vestes en denim rigide et leurs robes floues m'a beaucoup plu :

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Photos Reuters 

J'ai ensuite enchainé avec John Galliano. Ah, Galliano, ce showman né ! Avec lui, peu importe les vêtements, on est sûr d'aimer le spectacle. Les bancs étaient recouverts d'une résille camouflage, des ventilos pendaient au plafond de la chapelle où avait lieu le show, le défilé a démarré dans un assourdissant bruit de pales en mouvement : une belle mise en scène pour nous faire comprendre que ça allait être guerrier ! Ca a commencé par des soldats en Irak, puis toutes les rébellions du monde y sont passées, mais détournées, comme toujours. Le keffieh y était, fort logiquement, bien représenté (suis d'ailleurs pas sûre que ça soit du goût de tout le monde).

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J'adore ton gilet John !

 

Coup d'envoi de la Fashion Week masculine

C'était aujourd'hui le début de la fashion week masculine à Paris. Ma liste des shows fraichement imprimée en poche, quelques invits au fond du sac et mon nouvel appareil photo en bandoulière, j'ai démarré le marathon les tempes bourdonnantes (je stresse toujours un peu à chaque début de fashion week).
 
Comme d'habitude je compte prendre des photos de looks du public à la sortie des shows, mais cette année j'ai en outre la chance de pouvoir assister à pas mal de défilés (pour une raison que vous connaitrez bientôt). Ca m'excite beaucoup tout en m'effrayant légèrement : alors qu'en mode féminine j'ai des repères solides, en mode masculine... j'ai tout à apprendre. Vous voilà prévenus !
 
Je démarre la journée par Gaspard Yurkievich. J'aime généralement beaucoup les collections Femme de ce jeune créateur, je suis curieuse de pénétrer son univers masculin. Je découvre une collection ludique et facile à vivre, grâce en particulier à une série de t-shirts loose que je piquerais bien aux mecs. Le gris domine, émaillé de touches mimosa. Les mannequins arborent tous une coiffure plus 80s tu meurs. Comme toujours chez Gaspard, les chaussures se font remarquer : cette saison elles sont bicolores et vernies, et se portent avec des chaussettes flottantes aux coloris vifs... l'univers manga n'est pas loin. Ma place au deuxième rang ne me permet pas de photographier correctement les pieds des mannequins, vous ne verrez donc pas lesdites chaussures, mais voici quand même quelques images du reste attrapées au vol (désolée pour le côté flou de certaines):
 
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mercredi, 27 juin 2007

A l'écoute de mon moi-fashion-profond

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Crédit photo : Elinor Carucci

En attendant la surprise, la vie continue.

Aujourd'hui, théoriquement, je devrais vous parler des soldes : ceci est un blog de mode, nous sommes le premier jour des soldes, moment capital pour toute fashionista qui se respecte, donc l'actu du jour, c'est ça.

Sauf que non, je ne vous en parlerai pas. Ou si peu. Juste pour vous dire qu'à mon retour de déj' tout à l'heure, j'ai bien poussé la porte (enfin façon de parler, une horde de furies m'a évité cette peine) de Comptoir des cotonniers et de Princesse Tam Tam, mais que j'en suis vite ressortie. J'avais repéré deux-trois choses, mais quand je les ai vues j'ai su que je n'avais pas besoin de les acheter, elles ne me plaisaient déjà plus. Normal : si elles avaient été de vrais coups de coeur, elles seraient déjà depuis des semaines dans mon armoire.  

En revanche, après ça, je suis passée récupérer mes sandales chez le cordonnier Claraso. Boulot impec', mes chaussures sont comme neuves, ouf ! J'en ai profité pour demander à mon artisan expert combien couterait la remise à neuf de mes bottes. Hem, ces bottes, je vous en avait parlé il y a plus d'un an et demi. Depuis, j'ai dû les mettre un jour sur deux (rapport à mon incapacité notoire à trouver chaussure à mon pied). Je les adore, ce sont mes pantoufles. Sauf qu'elles sont usées de partout. Il faudrait donc refaire les talons, les semelles, recoller des bouts et recoudre une couture. Devis : 100 euros.

Eh bin vous savez quoi ? Je crois que je vais leur faire faire un check-up total à mes bottes chéries. 100 euros, c'est ce que j'aurais dépensé 20 minutes plus tôt si je n'avais pas écouté mon moi-fashion-profond. Or là, mon moi-fashion-profond me dicte : prends soin de ce que tu possèdes déjà, le reste (des fringues toutes fraiches dans deux mois) attendra.

La frénésie des soldes ne passera pas par moi, na (et la première qui m'aperçoit en transe dans un magasin samedi prochain fait comme si elle ne m'avait pas vue ok ?).

dimanche, 24 juin 2007

Wouahou

Juste un mot pour vous prévenir que, au cas où vous vivez dans un igloo et que vous ne vous rendez par régulièrement sur son blog, le Sartorialist vient de nous pondre ce que je considère comme sa plus belle série à ce jour (au défilé Homme Dries Van Noten de Milan) : c'est en deux parties, chez lui, et chez men.style.com. Ce mec est décidément un sacré photographe !

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 ©  The Sartorialist

vendredi, 22 juin 2007

Irina, modèle au plus-que-parfait

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Publicité Chanel Montecarlo

 

J'ai mis un certain temps à succomber au charme d'Irina Lazareanu. Je n'aimais pas ses faux airs de Penelope Tree, le mannequin aristo-triste des années 60, et puis c'est la copine de Pete et de Kate, pfff, trop branchée...

Mais cette pub Chanel dégage quelque chose de magique, et l'on sent bien que la pose d'Irina y est pour quelque chose. 

Du coup je suis allée faire un tour sur YouTube pour voir la belle bouger. Je me souvenais qu'elle avait toujours des mots justes pour décrire l'univers des designers pour lesquels elle défilait, j'avais envie d'en savoir plus sur elle. Je n'ai pas été déçue : cette fille est la grâce incarnée, elle s'exprime bien y compris en français (elle a grandi au Quebec) et elle a un pur style même s'il est un peu trop rock pour moi (les gilets kate-mossiens, je sature). On sent qu'elle est de la trempe des plus grandes, sûrement aussi parce qu'elle n'a pas démarré à 15 ans (elle en a 25 aujourd'hui).

Toutefois ce que j'ai préféré, c'est sa voix fêlée. Alors qu'au départ je croyais que son futur album avec Sean Lennon ne serait qu'un coup marketing, me voilà maintenant qui trépigne en attendant sa sortie. Si c'est pas du conditionnement ça !

Sur YouTube, on peut voir Irina parler de pingouins, de Pete, chanter (un peu), minauder dans un trop chouette pantalon taille haute et exhiber sa mega frange sooo 2007. Enjoy !

Perle vintage

jeudi, 14 juin 2007

Soeurs Olsen : mais qu'ont-elles donc de plus que les autres ?

76987ddffa000cad531b41fca086c12f.jpgS'il y a bien un truc que je déteste dans la vie, c'est ne pas avoir un avis sur quelque chose. Je ne sais pas d'où ça me vient, mais c'est comme ça : il me faut impérativement avoir un point de vue - si possible péremptoire - sur absolument tout. Même si je ne connais rien au dossier, même si je sais que le lendemain je penserai le contraire, je m'en fiche, je tranche.
 
Sauf qu'avec les soeurs Olsen, ça ne marche pas. Ces filles, je n'en pense (presque) rien. Au départ elles me laissaient si indifférente que j'ai bien tenté de les ignorer, mais aujourd'hui leur omniprésence me pose un grave problème : il faut que je sache quoi penser d'elles ! Bon ok, à première vue je peux dire que je déteste leurs visages de moineaux suicidaires, leurs yeux de panda, leur teint cadavérique, leurs silhouettes décharnées. "Pauvres petites filles riches" est la seule reflexion qui me vient à l'esprit à chaque nouvelle photo aperçue sur le net (soit une toutes les dix secondes environ). Leur style ne me convainc pas non plus : trop de superpositions, trop de gothique, trop de it bags.
 
Je pourrais donc me contenter de les mépriser comme je méprise des bataillons entiers de starlettes américaines, mais je sens que ça n'est pas si simple. J'ai encore du mal à retenir leurs prénoms (ne me demandez donc pas de discerner Mary-Kate d'Ashley), mais j'ai quand même bien compris que ces jumelles-là sont en passe de devenir des fashion gourous, que je le veuille ou non. Non seulement toutes les filles autour de moi scrutent leurs tenues avec (presque) autant d'attention que s'il s'agissait de Kate, mais en plus les deux soeurs viennent de créer une ligne de vêtements, The Row, qui n'en finit pas de faire parler d'elle.

Or c'est cette ligne qui achève de me perturber. D'abord parce que, de manière générale, la multiplication actuelle de lignes pseudo-créées par des stars me laisse perplexe. Ca sent le marketing a plein nez, ça n'est généralement pas bien créatif et ça pique le boulot des vrais designers qui triment comme des damnés pour maintenir leurs propres marques à flot. D'habitude, toutes les fashionistas sont d'accord avec moi sur ce point. Sauf que pour The Row, les avis sont plus nuancés. Certes les modèles aperçus, minimalistes à la Rick Owens mâtinés de Balenciaga, semblent plus aboutis, mais à 875 dollars la robe, moi je demande à voir (et à toucher) avant de juger. C'est triste à dire, mais pour l'instant je ne sais pas quoi en dire de plus.

Le premier vrai blog de style.com

a835dd00b344520f0efb845aa3e40a63.jpgMa bible américaine, www.style.com, a ouvert le 4 juin dernier style file, un blog d'infos mode riche de 4 à 5 notes par jour. Il n'a rien de personnel, on n'a même pas la possibilité de laisser un commentaire, mais bon, on est chez Condé Nast quand même (le groupe auquel appartiennent style.com, Vogue, Glamour, W...) donc soyons indulgents : il n'y a encore que quelques semaines, Anna Wintour - la rédactrice en chef du Vogue US qu'on ne présente plus - faisait savoir qu'elle exécrait tant le mot blog qu'elle en interdisait l'usage chez Vogue. Eh eh, les temps changent : même le diable finit par se laisser convaincre de l'utilité des blogs !

lundi, 11 juin 2007

Je suis maudite

J'ai cassé mes Chie Mihara au mariage de mon amie samedi. Quelques heures de danse ont eu raison de leurs plateaux en bois un peu trop fragiles.

Ca me déprime : ce sont tout de même des chaussures à plus de 200 euros ! J'ai mis un temps fou à les faire, il est donc hors de question de les retourner, je n'ai pas envie de me scier les pieds avec une nouvelle paire toute neuve. Je vais essayer de les faire réparer mais je trouve ça dingue : elles avaient l'air costaud, je comptais donc sur elles pour les porter tout l'été (en alternance avec mes spartiates). Je vais finir par croire que seuls K Jacques et Camper sont capables de faire des chaussures increvables. Il faut donc tourner avec 15 paires de chaussures pour être sûre de ne pas les achever deux mois après achat ? J'ai déjà tellement de mal à trouver une paire qui me convient (cf mes pieds trop larges, eh oui je sais je suis top glamour quand je veux), comment pourrais-je m'en acheter 15 ? Plus ça va plus je m'aperçois que je ne cherche qu'une chose en mode en ce moment : un uniforme qui me permette de ne plus avoir à résoudre les mêmes casse-têtes à chaque saison. Cet uniforme, en matière de chaussures, je ne l'ai toujours pas trouvé...

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